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Un monde qui prend sa source dans un corpus noétique tel que « les Droits de l'Homme » ne peut qu'aller de mal en pis. Il ne peut qu'involuer maladivement et régresser jusqu'à la mort.
 
Et pourtant, voilà plus de deux siècles qu'on a associé « les Droits de l'Homme » à celle de «bien», de progrès pour l'humanité, d'homme nouveau, voire « d'Être suprême». Et voilà même deux siècles que nous n'avons eu de cesse de bâtir à partir de ça et de chercher à étoffer ce fondement pourtant vicié dès le départ. Les Hommes se sont même tous transformés en sempiternels chercheurs de nouveaux droits. Chaque Homme s'est peu à peu obnubilé par ses droits et avance dans la vie en ayant comme moteur sa capitalisation de droits nouveaux. Le concept de Justice s'est fait également entièrement contaminé par la notion. La notion de droits a dévoré le monde entier. Il s'agit d'une descente aux enfers car Droits et Devoirs se superposent en tous points à Charnel et Spirituel. Penser le monde en terme de droits, c'est être charnel. Penser le monde en terme de devoirs, c'est être spirituel.
Le seul et véritable progrès serait celui de fonder une nouvelle ère à partir des Devoirs de l'Homme et du Citoyen, afin d'élever l'Homme au dessus de son animalité (égoïste et charnelle). Comment a-t-on osé nous faire croire que penser en terme de Droits correspondait à une élévation ?! Chacun peut facilement faire l'expérience dans sa tête de la différence morale fondamentale (et totale) qui existe entre se laisser pénétrer par la question : quels sont mes droits ? ou bien par la question : quels sont mes devoirs ? Dans le premier cas, le mouvement est un retour à soi, c'est une recherche animale de ses intérêts, il s'agit de prendre. Dans le deuxième cas, on ouvre une brèche, on se met en chemin pour renoncer à sa propre vie afin de se mettre au service de La Vie, on prend le chemin du don de soi.
Autre expérience similaire en connexion avec la géométrie et la musique dans un sens platonicien, le fait de dire à voix haute avec ardeur  et emphase les deux phrases suivantes : « Mais c’est mon droit ! » et puis « Mais c’est mon Devoir ! » (Essayez plusieurs fois). Vous observez ce qu’il se passe de fondamental au niveau de la tonalité ? La voix monte pour la première phrase tandis qu’elle descend pour l’autre. Cette différence de musicalité n’est pas du tout anodine car la musique insupportable des gens clamant leurs Droits est celle dans laquelle on baigne en permanence depuis plus deux siècles. En terme d’ondes et de vibrations structurantes, c’est hyper morbide. Et nous passons à côté de vibrations plus posées, plus basses, qui donnent des fondations spirituelles solides et des relations entre les êtres beaucoup plus harmonieuses.
Une fois ces expériences individuelles réalisées, essayez d'extrapoler sur le plan collectif pendant plus de deux siècles et vous obtiendrez une réponse à pourquoi nous vivons en Enfer.

La vibration de ce monde est une vibration totale d'égoïsme à cause de la notion de droits. Ce qui met en mouvement le monde, c'est la recherche permanente des intérêts, c'est-à-dire des Droits. Si je me bats pour une autre personne que moi, je vais me battre pour la défense de ses droits, donc de ses intérêts, alors qu'une véritable défense consisterait à défendre la possibilité pour cet individu de pouvoir faire son devoir correctement (et ce serait d'ailleurs une défense infiniment plus efficace). Étrangement, personne ne se bat jamais pour que chacun puisse faire son devoir sans entrave. Alors que la vraie Justice prend uniquement sa source à cet endroit. Avoir le droit de faire son devoir, devrait être en fait le seul droit. Et nous devrions nous battre pour nos devoirs, pour faire nos devoirs. Mais étant donné que ça fait plus de deux siècles que nous avons tout basé sur les droits, nous sommes devenus des larves en matière de devoirs. Nous n'en avons définis aucun et nous ne savons même plus ce que c'est. Nous ne voulons même pas en entendre parler d'ailleurs. Tous les débats qui font rage devraient tous concerner les Devoirs, or, ils ne concernent que les Droits. Nous voulons des droits, toujours des droits, et plus jamais de devoirs. Les devoirs c'est bon pour les écoliers, ce sont les seuls, manifestement, à avoir des devoirs dans cette société.

Tous ceux qui prennent la parole parlent sans cesse des Droits de l'Homme, pas un seul n'ouvre la bouche pour discourir sur les Devoirs de l'Homme. On voit d'ailleurs très bien ici ce mécanisme où la seule parole qui peut exister est celle qui dit à l'auditoire : "tu vas obtenir" et non : "tu vas donner". Tous ces gens qui vous expliquent comment marche la communication devraient se limiter à cette seule explication : la seule parole efficace (et donc autorisée) est celle qui fait comprendre aux autres qu'ils vont obtenir. Et donc, on voit bien comment la notion de "Droits de l'Homme", une fois lancée, s'est répandue de manière virale.
Effectivement, on sait bien que dire aux gens : "vous allez avoir des gâteaux, des jouets, de l'argent et du sexe", ça marche, ça cartonne même ! Mais je ne vois pas vraiment comment on peut fonder une société là-dessus et oser parler de "Révolution Française", de "progrès", "d'Homme nouveau" et "d'Être suprême"...
Ces temps-ci on parle même de droits à la procréation pour tous... Et les devoirs en matière de procréation ?! On en parle quand ?! Ha pardon, j'oubliais qu'on n'a pas le droit de parler en terme de devoir, on ne peut parler que des Droits, et si possible de Droits nouveaux à obtenir... Pourtant, je sens en moi que j'ai le devoir de parler en terme de devoirs, quitte à être rejeté et méprisé par cette humanité tombée dans l'hubris et la tyrannie indivuelle, qui "veut des gâteaux" uniquement, et faire disparaître les devoirs.
Finalement, on pourrait dire également que ça été jusqu'ici le principal moteur et critère de la censure : parole aux défenseurs des droits et éviction, voire prison, pour les défenseurs des devoirs.
Il a donc fallu créer la Laïcité afin de détruire de la sphère publique (et in fine du monde entier) tous les contenus qui se rattachent à la notion de devoir. L'ensemble des principes chrétiens de l'origine nous donne Les Devoirs de l'Homme. Vous ne trouverez aucune notion de "Droits" dans les Évangiles (si c'est pas notoire ça...). Quand Jésus défend "la femme adultère", à aucun moment il prend le chemin d'un quelconque "droit de vivre" pour cette femme ou de la mise en question d'un droit à infliger un châtiment pour les autres. C'est le devoir des hommes qui ont une pierre dans la main qu'il fait jaillir (et, ensuite, le devoir, pour cette femme de tout faire pour ne plus pêcher). Je vous le dis : la vraie Justice, c'est-à-dire celle qui guérit vraiment, ne prend sa source que dans la notion de devoir. Si Jésus avait cherché à résoudre le problème sur le terrain des Droits, la femme aurait été lapidée. De plus, on voit ici que le terrain des Droits correspond toujours à une société particulière, qu'il est donc subjectif et changeant, alors que le terrain des devoirs est immuable et éternel. L'erreur est également toujours du côté des Droits. Apparaît peu à peu une série de superpositions logiques : Droits/Devoirs ; Charnel/Spirituel ; Erreur/Vérité ; Temporel/Éternel...

Je prends une scène des Évangiles en exemple, mais je pourrais évidemment aller sur le principal texte dont nous disposons pour parler de ce sujet : Antigone. Le combat entre la notion de Droits et de Devoirs (avec les implications morales et spirituelles qui en découlent) s’articule bien-sûr entre Antigone et son adversaire Créon. La première revendique d’avoir fait son Devoir et Créon reste bloqué sur le terrain des Droits. Je pourrais aussi reprendre brièvement ce que j’ai dit plus haut sur la qualité de la vibration. Antigone et Créon ne vibrent pas au même niveau en terme d’énergie, et donc de musicalité, et donc de géométrie. On peut le palper aisément en regardant une bonne interprétation de la tragédie sur une scène de théâtre. La voix de Créon monte. Celle d’Antigone descend. Or, en terme spirituel, on sait bien que ce qui descend monte et inversement.

Jean-Jacques Rousseau s'est trompé en parlant de "Droits Naturels". Il voulait en fait parler des Devoirs, mais sans oser le faire. La notion de devoir est si puissante qu'elle dépasse de très loin la notion de "Droits Naturels" de Rousseau étant donné que si on veille à ce que chaque homme ait les moyens de faire son devoir, les "Droits Naturels" sont contenus dedans.
Même s'il y aurait des milliers d'exemples à donner, prenons-en quand même un pour rendre les choses plus concrètes : un homme a le devoir de "travailler la terre" (N.B : l'expression "travailler la terre" serait à définir et à détailler correctement). Immédiatement, sans même passer par quelconques droits à la propriété ou droits de cultiver ou droits de cueillir, chaque homme pourrait accéder à la terre sous différentes formes. Le "droit" a la propriété découlerait non pas d'une recherche égoïste et conquérante, mais d'un devoir, et ça change tout. Le "droit" à la propriété se muerait donc en un espèce de "devoir" de prendre soin d'une propriété pour prendre soin de tous. Tous les "sans-terre" du monde pourraient alors cesser de militer pour un "droit" à la propriété, mais ils pourraient exiger d'être en capacité de faire leur devoir. Ça change donc complètement la forme des combats pour la Justice, puisque plus personne ne se bat pour lui-même, mais tous se battent pour La Vie, donc pour les Autres. En gros : "tu sais, si tu me donnes une terre, je ferai pousser des fruits car c'est mon devoir, et je t'en donnerai, et j'en donnerai à tout le monde". En lieu et place de : "j'ai droit à une terre, pour moi, pour y faire ce que je veux". Tous les combats pour la Justice deviendraient des combats pour atteindre ce qui est le plus juste pour tous, et non pour ce qui est juste pour un seul au détriment des autres.
Donc, vous voyez, je ne comprends même pas que tous gens "intelligents" de cette planète n'aient pas pris en grippe depuis fort longtemps cette notion complètement diabolique de Droits de l'Homme, qui nous écarte sans arrêt de la vraie Justice, celle qui cherche l'harmonie et l'abondance.
Comment ça se fait que des milliards d'hommes ne se dressent pas pour mettre fin à ce mode de pensée mortifère où les hommes passent leur vie à lutter chacun pour leurs droits, au lieu de considérer tous ensemble quels sont les devoirs de l'Homme sur la terre.
Je voudrais conclure ce propos par une idée transcendante que j'ai miraculeusement trouvée un jour chez Saint-Exupéry dans Citadelle :
« Ce que j'appellerai devoir, qui est noeud divin qui noue les choses, ne te construira ton empire, ton temple, ou ton domaine que s'il se montre à toi comme absolue nécessité et non comme jeu dont les règles seraient changeantes. "Tu reconnaîtras un devoir, disait mon père, à ce que d'abord il n'est point de toi de le choisir". »
Ainsi nous pouvons ajouter à notre ensemble de superpositions logiques celle de Superflu et de nécessaire : Droits/Devoirs ; Charnel/Spirituel ; Erreur/Vérité ; Temporel/Éternel ; Superflu/Nécessité.
L'expression "jeu dont les règles seraient changeantes" est une formule magistrale qui en dit long également concernant la nature d'un monde basé sur les Droits.
Et grâce à Saint-Exupéry, nous pouvons ajouter les deux dernières superpositions, sous forme de clé de voûte : Droits/Devoirs... Personnel/Impersonnel ; Volonté de l'homme/Volonté de Dieu. ..."Tu reconnaîtras un devoir, disait mon père, à ce que d'abord il n'est point de toi de le choisir"...
 
Chers Amis, nous pourrions dès ce soir, ou bien si vous voulez prendre le temps de la réflexion, commencer une nouvelle ère pour l'humanité au 1er janvier 2021 en ayant pour fondement : Les Devoirs de l'Homme et du Citoyen.
 
Pour faire valoir, ce que de Devoir.
 
Sylvain Rochex - 27 décembre 2020
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