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L'ortie, la plante de la liberté.

L’ortie est le meilleur aliment du monde pour tout le vivant : humains, plantes et animaux.

Le mieux étant de manger de l’ortie fraiche de mars à novembre, mais sous la forme d’une poudre sèche on obtient plusieurs avantages énormes :
Une très forte concentration d’ortie dans un petit volume
De l’ortie qui ne pique plus
De l’ortie qui se conserve durant tout l’hiver,
De l’ortie très facile à manipuler pour en mettre partout dans l’alimentation, y compris donc celle des animaux et des plantes (exemple : en introduire dans le terreau d’un semis).
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Panacée pour l'ensemble du vivant

L’ortie n’est pas seulement une panacée pour nous, c’est pour tout le vivant qu’elle l’est.
Ainsi, elle convient aussi à la plupart des animaux. Et là, c’est intéressant sur le sujet de l’entraide entre humains et animaux, parce que bon nombre d’animaux n’arriveront pas à manger l’ortie sur pieds (étant donné qu’il pique), mais fauchées ou broyées, ils s’en régaleront (notamment les poules), mais aussi tous nos animaux de la ferme, animaux sauvages, tout le monde en fait.
Dans un jardin, l’ortie fait du bien rien que par sa présence aux plantes alentours. Et on peut en faire du purin pour arroser son jardin avec (le meilleur stimulant végétal qui soit). On peut aussi faire sécher de l’ortie, le réduire en poudre et l’ajouter à la terre des semis ou du jardin.
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Cueillette de l'ortie

Alors, alors ! C’est là, le moment le plus philosophique peut-être ! Il s’agit de cueillir, pourquoi pas quotidiennement et en bonne quantité une plante qui brûle. Comment s’y prend-on ? Que faut-il savoir ?
On pourra ramasser de l’ortie, de fin mars à novembre. Et même au plein coeur de l’hiver, on pourra en trouver un peu.
Comme toutes les plantes, l’ortie évolue de jeunes pousses à une plante un peu plus drue qui monte en graine, en passant par toutes les phases intermédiaires. On préférera quand la plante n’est pas trop âgée et donc, on pourra faucher plusieurs fois l’ortie dans la saison pour la faire redémarrer. Les moments des fauches traditionnelles (de juin et le regain de septembre, sont des moments opportuns) pour avoir toujours une ortie pas trop mature.
On cueille le haut de la plante, les têtes. Disons une tête de 6 à 12 feuilles. Dans cette partie la tige restera tendre et sera mangée autant que les feuilles. Pour cueillir, on amène sa main par en dessous car c’est le dessus des feuilles qui piquent le plus. Et on attrape entre le pouce et le la majeur la tige que l’on sectionne. La tige est aussi un endroit qui ne pique pratiquement pas. A force de cueillir, de saisir toutes ces tiges d’ortie cela cause une sensation d’échauffement au niveau des doigts qui est très supportable. Quand on vit à la campagne, il n’y a aucun geste qui nous laisse vraiment indemne. Mais on peut éventuellement cueillir l’ortie avec des gants et une paire de ciseaux (je conseille à ceux qui veulent vraiment y aller de rapidement y aller à main nue). On peut mettre des gants par exemple lorsqu’on veut faire une grosse récolte en vue de l’hiver.
Laver l’ortie ? Ce n’est pas vraiment nécessaire. Peut-être quand on ramasse des jeunes pousses (comme elles sont basses, il y a un risque plus élevé pour l’échinococcose.)
Le point sur l’échinococcose. C’est une maladie extrêmement rare transmise par l’urine des chiens ou des renards. Ce qu’il faut retenir, c’est que ce n’est pas un parasite de l’homme. C’est une rareté qu’il infeste l’homme. On gardera en tête pour cueillir majoritairement les plantes au niveau des parties les plus élevées.
Ensuite, une fois cueilli le piquant de l’ortie va commencer à diminuer d’heure en heure. On peut par exemple cueillir de l’ortie et le préparer une heure plus tard, il piquera déjà un peu moins.
Il faut globalement penser que les poils urticants de l’ortie sont fragiles. Ainsi l’aspect urticant de l’ortie est retiré de trois manières : le hachage, le broyage ou la cuisson (quelques secondes à 90 degrés suffisent : pour le cuire et pour retirer le piquant). Quand on ajoute de l’ortie à une préparation, on le fait souvent après avoir éteint le feu. (Ne pas cuire longtemps l’ortie permet bien-sur de conserver ses nutriments et propriétés (utiliser aussi un couvercle pour les infusions et autres).
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Culture de l'ortie

On dit que l’ortie fait partie de ces plantes qui suivent l’homme. C’est une plante qui aime la matière organique azotée. De plus l’homme déposant souvent beaucoup de fer autour de lui… (L’ortie capte le fer du sol)
Où poussent mes plus gros légumes ? Où ma terre est-elle la plus fertile ? Où les plantes se ressèment elles le mieux ? Où l'ortie, mais aussi l'amarante et la bardane apparaissent-elles spontanément ? Réponse : autour de mon abri. C'est-à-dire là où est déversé régulièrement sans que je m'en rende compte : des ongles, des peaux mortes, des rétentats, de la cendre, de l'attention, de l'urine, des excréments, des miettes, des épluchures, des restes, des graines, des coquilles, des poils, des cheveux, des clous, et pourquoi pas du vomi, du sperme, du sang, des larmes, de la morve, des règles, etc... Et les poules, les canards seront souvent installés près de l’abri. (et le fer)
L’ortie se développe donc spontanément autour de nous quand nous vivons en osmose avec la nature.
Et nous avons encore là une autre vérité qui assassine toute l'organisation actuelle du foncier et de l'agriculture : la nourriture pousse là où on habite, donc séparer habitat ("constructible") et terres "agricoles" est une injure totale à la Vie.
On peut planter de l’ortie. On utilise rarement les graines qui ont un pouvoir de germination faible. On déplace des rhizomes à n’importe quel moment de l’année, de préférence au printemps, ou à l’automne.
On peut aussi se dire que c’est inutile, que rien qu’en vivant, en ayant des animaux, de l’ortie apparaîtra en beaucoup d’endroit.
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Richesse de l'ortie (source urticamania)

La feuille d'ortie contient des quantités très importantes de caroténoïdes (6 différents, dont le β-carotène), d'acide folique (vit. B9), de vitamines C (plus que dans l’orange et le kiwi) et E, du Calcium (autant que dans le fromage, associé au Bore, qui facilite son assimilation, ce qui fait de l'ortie un complément alimentaire intéressant en prévention de l'ostéoporose.), Fer (plus que dans les épinards, associé à la vitamine C, qui favorise son absorption par l’organisme ; N.B : Sa teneur en fer serait à son maximum aux mois d'avril et de septembre.), Magnésium, Zinc, Bore et Sélénium (élément nécessaire antioxydant cancer qu’on trouve dans peu d’aliment). On y trouve aussi des vitamines B1 , B2 , B3, B5, B6, D et K, ainsi que de nombreux minéraux : Manganèse, Sodium, Cuivre, Soufre, Iode et Chrome.
La feuille d'ortie contient aussi en forte quantité 18 acides aminés différents (sur 20 existants), dont les 8 acides aminés essentiels (isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane et valine) nécessaires au développement de l'organisme. A titre de comparaison, les céréales sont toutes déficientes en lysine (certaines également en tryptophane), tandis que les légumineuses sont déficientes en méthionine. La feuille d'ortie, elle, contient les 8 acides aminés essentiels en proportions harmonieuses, ce qui en fait un aliment complet.
La feuille d'ortie contient aussi de la chlorophylle en quantité importante, de la Silice, des flavonoïdes (quercitine), de la sécrétine (hormone stimulant l'activité du pancréas). Certains sont des composants rares, comme la choline acétyl-transférase, enzyme synthétisant l'acétylcholine, la grande ortie étant la seule plante connue à posséder cette enzyme.
En fait, l'ortie est à elle toute seule un complexe de vitamines et minéraux naturels, qui plus est, complet et mieux équilibré que les produits de synthèse vendus en pharmacie. Plus besoin d'acheter des cocktails d'anti-oxydants style : vit. A, C, E + Sélénium et Zinc. Ils sont tous dans l’ortie.
N.B : Les vitamines et minéraux contenus dans l'ortie sont ceux dont l'homme moderne est le plus souvent carencé, du fait de son alimentation industrielle dénaturée.

Dose pour l'homme

Un point très important est le suivant : l’ortie n’est pas un « complément alimentaire », ni non plus une plante de disette. L’ortie peut consister en une base alimentaire quotidienne. On peut manger quotidiennement de grosses quantités d’orties. Bien-sûr qu’on ne va pas manger que ça non plus. Mais je pense qu’il faut sortir de cette idée d’une plante optionnelle, de secours, de complément.
En fait, au delà du fait que la plante pique, il y a un héritage culturel qui pose problème. L’ortie a effectivement été une plante qu’on est allé cherché dans les pires moments (guerre, famine, situations d’urgences variées) et qu’on a donc associées à ça bien malgré elle et malgré nous. De plus, étant donné que l’ortie permet merveilleusement d’alléger le travail de la terre on a souvent associé l’ortie à des personnes qui ont soit raté leur culture, soit qui sont jugés paresseuses par les autres de manger des orties au lieu de cultiver des légumes. Par là, l’ortie a été associé à une dégradation sociale, à un jugement négatif d’autrui.
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Les préparations

N.B : le goût de l’ortie est très intéressant. Très marqué. Très présent. Une saveur prononcée de légume, de « vert intense ». Certains disent qu’il amène un goût de « poisson ». Comme tous les goûts il ne fait pas forcément l’unanimité mais il séduit une très grande majorité de personne, et intégré dans un repas, il ne choquera personne et créera la plupart du temps un effet prodigieux autour de la table qui vient aussi de l’instinct lié à son caractère hautement nutritif : les gens sentent que ça les nourrit et les soigne.
L’ortie est aussi la reine des plantes médicinales : régénérante, stabilisante, énergisante. Et aussi : hémostatique, antidiarrhéique, antidiabétique, dépurative, bonne pour la peau, ongles et cheveux, anti-allergique, tonique, reminéralisante, anti-anémique, anti-rhumatisme,…
On peut l’absorber de mille manières et on peut en inventer de nouvelles.
L’infusion.
La soupe d’ortie (traditionnellement avec des pommes de terre, mais on peut le cuisiner dans n’importe quelle type de soupe)
Le pesto d’ortie à froid (avec huile d’olive, citron, graines de tournesol, autres plantes sauvages telle que l’ail des ours, des aromatiques (thym, hysope, romarin)
Le pesto d’ortie à chaud, fondu dans l’huile d’olive.
Le haché fin d’orties dans la salade.
Pain aux orties (en ajoutant un haché d’ortie dans la pâte), tourte aux orties (comme une tourte aux épinards)
L’ajout d’un haché d’orties, à la fin de toutes vos préparations à base de pâtes, de riz, d’haricots, pomme de terre, chou-fleu, blettes etc.
Jus d’ortie à l’extracteur.
Un exemple de dessert : compote pomme ortie menthe.
Bière classique agrémentée d’ortie, ou bière 100% orties.
Orties séchées (grossièrement ou mis en poudre)
Pour les ongles et les cheveux : macération orties et romarin dans du vinaigre de cidre de pomme. Infusion d’orties mélangé à un shampoing.
Autre usage important de l’ortie : c’est un excellente fibre pour faire des vêtements.
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Conclusion

Il est proprement surnaturel et totalement incompréhensible que ce que nous nommons "travail de la terre" rebute les Hommes. Car c'est le seul travail où tu as pour aide dévouée à plein régime: Dieu.
Dés que tu t'arrêtes, quand tu te reposes, quelqu'un prend le relais avec la force du big bang, et c'est Dieu lui-même, le créateur. Et même pendant que tu t'actives avec tes petites forces, lui aussi oeuvre avec toi, il ne se repose jamais. Et le plus fou, c'est que même si sa force dépasse incommensurablement la tienne, vous êtes alliés : il magnifie, valorise, augmente, exalte, démultiplie à l'exponentielle tous les bons gestes que tu fais sans que tu te sentes inférieur à lui. Tu plantes une seule graine, une seule ! Et Dieu peut en planter 10 000 à la suite de toi à partir de la plante issue de la graine que tu as plantée. Et Dieu s'harmonise à toi. Tout seul, il a des visées plus lointaines et se met volontiers à l'oeuvre pour faire des forêts qui touchent les nuages, mais si toi, tu veux être fin et fleuri, et romantique, et bâtir le paradis, et manger des bonnes patates, eh bien Dieu œuvrera avec toi dans ce sens là. L'Homme est celui qui fait les boules de neige, et Dieu est celui qui s'occupe des "effets boule de neige". Voici donc l'occupation la plus enthousiasmante au monde. Alors, comment l'homme peut-il préférer toutes ces occupations où Dieu est au pire absent, ou au mieux pas très motivé ? Vous en connaissez beaucoup, vous, des occupations où lorsque vous avez mis le bon substrat, l'eau, la lumière et la graine, si vous quittez la pièce, ça "pousse" à l'infini sans vous ? Alors comment est-ce possible que le travail le plus aidé, le plus gratifiant, le plus répondant qui soit, soit le moins plébiscité ? Encore une chose : Dieu dans ce travail se charge de littéralement effacer toutes vos erreurs. Tout ce que vous faites de bien, il le prend et le magnifie au dernier degré et tout ce que vous faites de mal, il l'efface, le corrige, le transforme, sans vous juger. Là encore, connaissez-vous beaucoup d'occupations où toutes nos erreurs sont oubliées avec amour ?
Et par dessus le marché de tout ça : nous avons l’ortie. Là, gratuite, spontanée, et abondante. Mais qui pique. Comment la rose du petit prince. Comme la Vie.
© 2022 Sylvain Rochex - Textes et images.